ArtParis 2010

Grand Palais

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Shanghai

“Elevation / Integration”

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Your Life

Your Life

Montréal

July 28 – Aug 15

Salon de Montrouge

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critique d’Alain Berland

“J’ai exercé la profession d’arcitecte pendant plus de quinze ans. Je réalisais des constructions basées sur une expérience minimale inspirée par Mies van der Rohe ou John Pawson,

Je cherchais à concilier un esprit très rigoureux avec une émotion liée à la lumière. En 2001, pour des raisons personnelles, j’ai quitté le métier et je suis devenu photographe.

Cette pratique professionnelle me permet de prolonger mes réflexions sur les perceptions que nous avons de l’espace. Pour moi, cela tient essentiellement en deux mots : géométrie et lumière.

Ce sont les paramètres que je privilégie pendant la prise de vue. C’est un regard d’architecte, celui qui permet de sentir les lignes et les masses avec une lumière qui reformule les lieux et parfois

annihile le temps.

J’apprécie beaucoup le cinéma de David Lynch pour ces raisons, pour cette façon unique qu’il a de naviguer dans des endroits, des dimensions dont le regardeur n’arrive pas réellement à déterminer la nature. Je pense que la photo peut capter ce genre d’émotion.

Souvent, j’ai pris des photos nocturnes pour ne retenir qu’une partie de l’espace, pour obtenir très peu de choses, pour créer une impression de flottement. J’ai travaillé pendant cinq ans exclusivement la nuit, à l’argentique, mais depuis un an j’utilise le numérique.

Je ne suis pas du tout technicien, les idées m’intéressent mais pas la technique en tant que telle. Je pourrais tout aussi bien essayer de capter les images avec un crayon, mais la photo me semble le médium le plus pratique et le plus approprié.

Il y a une grande part de hasard dans mon travail. Les seules photos que j’ai voulues totalement maîtrisées ont été prises en Islande, cet hiver. Ce sont des paysages, de grands espaces vides magnifiques, mais la prise de vue ne laissait pas assez de place au hasard et du coup, c’était un peu moins excitant.

Je préfère faire confiance à l’intuition et déambuler dans les villes, enregistrer de nombreuses images et faire des planches contact. Je les laisse reposer et je choisis deux ou trois semaines après celles qui m’intéressent. 

Je suis fasciné par la lumière d’où ces nombreuses photos urbaines de sources de lumière électrique : de lampes, de néons, d’enseignes lumineuses, de halos. Il y a cette scène extraordinaire dans “fenêtre sur cour” lorsque James Stewart, qui joue un photographe professionnel, immobilisé dans son fauteuil, essaye de retarder l’assaut meurtrier du voisin qui a pénétré dans son appartement. Il le repousse à l’aide des éclairs produits par le puissant flash de son appareil photographique. On voit alors l’agresseur se protéger avec le bras, tituber, perdre ses repères, à ce moment précis la lumière devient une arme.

j’aime la dilution de matière que permet la photo, cela crée une indécidabilité et permet le libre cours de l’imaginaire de chacun. Quand la lumière est forcée, elle crée un éblouissement qui dilue, qui efface la matière, les objets surexposés deviennent moins perceptibles, ils peuvent même devenir sales.

Parfois je trouve que les images des photographes sont trop propres, j’aime que la photographie enregistre la crasse, la grisaille de la ville, quand le reflet modifie la couleur, qu’un vert foncé devient noir, qu’un bleu parait gris. 

Il n’y a jamais d’humain sur mes photos, l’humanité y est présente exclusivement à travers mon regard.”

 

Alain Berlan, avril 2009

 

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